Trip Nicaragua – Welcome to Disneyland !

Nicaragua: 5 juin – 24 juin 2015

Après 3 années consécutives de trips automnaux en Indonésie, il était temps de s’offrir un nouveau dépaysement.
En discutant avec mes collègues, décision est prise au milieu de l’hiver d’aller tremper la planche en Amérique du Sud ou Amérique centrale. Les critères d’eau chaude et de vagues consistantes nous enverront finalement au Nicaragua. Nous voulions éviter le Costa Rica, vu, revu et américanisé, et la perspective de surfer au Nicaragua (avant les éventuels bouleversements liés au futur canal) s’imposa d’elle-même avec de bonnes possibilités de « Search ».

Histoires de 4×4

Le stress du voyage débuta 2 semaines avant le décollage avec la découverte de la politique de vol de United Airlines: pas de boards de début juin à fin août en soute, période d’embargo !! La moitié de l’équipe (4) décide de ne pas tenter le diable en n’enregistrant pas de boardbag et en louant sur place, l’autre moitié tente le tout pour le tout.
A l’arrivée, après un voyage sans encombre, 1 boardbag manque à l’appel. Le temps de sortir de l’aéroport pour rejoindre notre loueur local, pas de loueur à l’horizon. Dios mio !! Ca commence sur les chapeaux de roue…
Après 30min à stresser dans l’aéroport en tournant dans tous les sens, juste au moment où l’on se résigne à louer une nouvelle voiture, notre loueur se présente à la bourre. S’en suit la récupération des clés du 4×4 et un check très (trop) rapide. A peine le loueur envolé, nous nous rendons compte que la voiture est une vraie misère: la portière n’ouvre pas, il faut monter par le coffre. Toute l’électronique est hors service (vitres, toit ouvrant, vérrouillage des portes, ouverture des portes par l’intérieur etc etc…). Seule fonctionne la climatisation heureusement mais le conducteur est à chaque fois obligé de sortir pour ouvrir à tout le monde et il faut vérifier à chaque fois que les portes sont bien vérrouillées, nous ressemblons à une équipe ayant des TOC de vérification… La voiture nous rendra fou progressivement.
Nous décollons ensuite rapidement pour arriver à notre premier point de chute. Les vagues sont présentes !

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Disneyland

Pour prendre nos marques, nous logeons dans un resort privé du sud que nous surnommerons rapidement « DisneyLand ». Les commodités sont au top, tout comme les vagues, bar et piscine face à la mer, what else ? Par contre le fait de vivre en autarcie complète avec des américains qui ne mettent pas un pied en dehors, hormis par bateau, donne une atmosphère un peu particulière.
Nous arpentons les environs par bateau et par 4×4, beaucoup de spots différents et variés dans un rayon assez restreint, c’est assez idéal pour ne jamais s’ennuyer. Beachbreaks, pointbreaks, reefs, un vrai Disneyland du surf à tout point de vue. Le boardbag égaré arrive enfin 3 jours en retard.

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Search

Après un nouveau sketch avec le 4×4 dont les portes ne ferment plus, nous contactons le loueur pour changer de véhicule. Nous apprenons que c’est à nous de repasser par la capitale, et non l’inverse. Assez irrités, nous nous résignons à repasser par la capitale, mais tant qu’à faire nous profitons de cette occasion pour débuter notre périple en remontant au nord et écumer les spots moins connus.

Une fois le nouveau pick-up récupéré tant bien que mal, après avoir vérifié la moitié du parc automobile du loueur pour avoir a minima un véhicule sécuritaire et fonctionnel, nous pouvons reprendre la route. Nous terminons dans un petit village au centre du pays dans un « surfcamp » où nous tenons à 4 dans une pièce qui était de la taille de notre précédente cuisine et sans clim. Un choc, ou comment passer du 5* au 1*. Mais toujours de quoi surfer et bien moins de monde qu’auparavant.

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Quelques jours plus tard, au plus bas de la houle nous partons au nord sur un beachbreak qui capte la moindre ondulation. Bonne pioche nous nous retrouverons dans des barriques creuses et tendues, complètement inespéré et grandiose à la fois. Toujours tenté le destin, bougé malgré l’incertitude.

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Vida local

Quelques points d’intérêts locaux, pas besoin de trop blablater. On en prend plein la vue.

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Retour à la case départ

Les prévisions nous annoncent de la houle qui rentre et nous reprenons la route du Sud. Nous faisons un stop dans l’espoir de scorer 2 vagues Worldclass au passage mais la houle n’est pas aussi grosse qu’annoncée et les posts ne fonctionnent pas. Une nuit plus tard nous reprenons à nouveau la route et faisons un stop en chemin dans un autre resort privé à l’accès payant pour trouver une session sur une plage isolée. A nouveau jackpot ! La session valait bien 20$, une longue gauche qui tend sur 150m, quasiment personne. On kiffe.
Et c’est reparti direction Disneyland pour la fin de séjour où il nous reste encore des vagues à explorer. Nous avions notamment été surfé une vague par bateau à partir d’un village de pêcheurs en début de trip, cette fois nous voulons le tenter par 4×4 et à pied pour finir. Quel périple ! 20min de pick-up et 1h de marche plus tard, nous arrivons sur le spot, littéralement assoiffés, notre stock d’eau déjà à moitié épuisé. 1 seul bateau sur place et quelques surfers d’un camp adjacent. En attendant le moment propice, nous profitons à nouveau d’une longue gauche de 150/200m quasi seuls à l’eau. Nous l’avions bien méritée ma foi !! (Pas de photos trop risqué de prendre l’appareil photo c’était déconseillé par un garde).
D’autres sessions découvertes ou à Disneyland les jours qui suivirent jusque la fin.

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La boucle est bouclée

Enfin j’ai surtout failli me faire boucler dans une prison à la Prison Break le dernier jour… Après la route, nous arrivons tard à Managua et je commence à être fatigué. Le GPS galère car la route est coupée par des travaux, et pour faire les derniers 800m vers l’hotel nous sommes obligés de faire des détours pas possible, routes bloquées après routes bloquées, je commence à n’en plus pouvoir et l’agacement monte.
Dans une petite ruelle, nous nous retrouvons coincés par un véhicule en face, je veux reculer… BAM. Je tape un truck derrière, je n’avais pas fait gaffe. Silence dans l’habitacle. On discute brièvement entre nous et je sors prendre la température du conducteur local, on se met d’accord sur 40$ et on peut repartir, son pare-chocs était légèrement enfoncé et il ne le remettra probablement jamais en place. 50m plus loin toujours dans cette ruelle, je m’arrête au stop assez longuement à cause du traffic. Au moment de redémarrer, un enfant passe au raz du capot du pick-up, par chance je ne le touche pas, il était plus petit que le capot, et de regarder à droite et à gauche les voitures je ne l’avais pas vu. J’ai vu la peur dans ses yeux (et s’il avait vu la peur dans les miens en train de me faire un film qui menait à la case police et prison…). Nous bouclons ces derniers mètres et je lâche la voiture exténuée. Un dernier sketch avec le loueur qui essaie de nous gratter quelques dollars avec la première caisse qui était bonne pour la casse et la seconde avec un soit-disant poc qu’on aurait fait. Il est temps de partir après une bonne nuit de repos.

Les voyages forment la jeunesse comme le proverbe dit. Il n’y a pas de bons trips sans bonne galère à raconter par la suite. Et les vagues furent au rendez-vous. Que demander de plus si ce n’est de recommencer ?

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Ce récit, enrichi de photos et texte, reprend le texte original diffusé sur SurfingLA.